2026-09-10
Et c'est pour ça que la région tremble plus souvent que n'importe quelle autre dans l'est du Canada.
Regardez une carte du relief de Charlevoix. Entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie, un grand arc de collines entoure le mont des Éboulements, et le fleuve en avale une bonne partie. Ce dessin n'a rien d'un hasard : c'est la cicatrice d'un astéroïde.
Il y a environ 450 millions d'années — l'âge exact fait encore débat, on y revient plus bas —, un astéroïde de quelques kilomètres de diamètre a frappé ce qui allait devenir Charlevoix. Les estimations de sa taille vont de 2 à 6 kilomètres. Le choc a fracturé la roche jusqu'à une douzaine de kilomètres de profondeur.
Le cratère mesure aujourd'hui une cinquantaine de kilomètres de diamètre. À l'origine, avant des centaines de millions d'années d'érosion, il en faisait peut-être 70. On n'en voit qu'une partie : le reste est caché sous le Saint-Laurent.
Au centre se dresse le mont des Éboulements. Ce n'est ni un volcan ni un simple sommet : c'est le pic central du cratère, la roche qui a rebondi vers le haut juste après l'impact — un peu comme l'eau qui rejaillit au centre, quand on y laisse tomber une pierre.
En 1965, le géologue Jehan Rondot, du ministère québécois des Richesses naturelles, cartographie la région. À Saint-Hilarion, il remarque dans la roche d'étranges fractures en forme de cônes : des cônes de percussion.
Ils se forment quand une onde de choc gigantesque traverse la roche. Leur surface porte des stries en forme de queue de cheval qu'aucun autre processus géologique ne peut produire : c'est la signature d'un impact. Ses collègues le confirment, et la grande structure en demi-cercle de Charlevoix change de statut. Ce n'est plus une curiosité du relief, c'est un cratère.
Jehan Rondot est mort en 2019. Ses cônes de percussion sont toujours là, à Saint-Hilarion — mais il faut bien regarder : dans cette roche à gros grains, ils sont discrets.
Dans les années 1970, on croyait le cratère vieux d'environ 350 millions d'années. Au début des années 2000, les estimations remontaient jusqu'à 410 millions. En 2019, l'analyse de minuscules cristaux de zircon, déformés par le choc, a donné 450 millions d'années, à 20 millions près.
Aujourd'hui, les chercheurs le situent entre 453 et 430 millions d'années, vers la fin de l'Ordovicien. Une chose ne fait aucun doute : l'impact a eu lieu bien avant les dinosaures, apparus il y a environ 230 millions d'années.
Charlevoix est la zone sismique la plus active de l'est du Canada. Plus de 200 petits séismes y sont enregistrés chaque année — en moyenne, un tous les jours et demi. La plupart sont bien trop faibles pour être ressentis. Mais la région a aussi connu cinq séismes destructeurs, de magnitude voisine de 6 : en 1663, 1791, 1860, 1870 et 1925.
Le cratère n'explique pas tout. Sous le Saint-Laurent courent de très vieilles failles, héritées d'un rift — une cassure de la croûte terrestre bien plus ancienne que l'impact. L'astéroïde est venu broyer une roche qui était déjà fissurée.
Les chercheurs y voient une répartition étonnante :
Autrement dit, le cratère ne cause pas les grands tremblements de terre de Charlevoix. Il explique pourquoi le sol y frémit si souvent.
Le Géoparc de Charlevoix, membre du réseau des géoparcs mondiaux de l'UNESCO, fait découvrir des sites où l'on observe les traces de l'impact, dont les cônes de percussion de Saint-Hilarion.
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Écrite par Claude, une intelligence artificielle d'Anthropic, et relue par un éditeur humain avant publication. Chaque chiffre vient d'une des sources ci-dessus. Là où elles se contredisent — l'âge du cratère, la taille de l'astéroïde —, l'article le dit plutôt que de choisir à votre place. Une erreur ? Signalez-la par la page Contact : nous la corrigerons, en l'indiquant.